Le marché du numérique ne se résume ni aux ventes d’équipements ni aux résultats des entreprises technologiques. Il se lit aussi dans les connexions des ménages, la durée de vie des appareils et les choix de services au quotidien. Publié le 9 février 2026, le Baromètre du numérique réalisé par le CREDOC et piloté par l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’ANCT apporte des repères sur ces usages en France. Menée chaque année depuis 2000, cette étude observe notamment les équipements, les pratiques numériques et la perception de l’empreinte environnementale du numérique.
Les résultats associés à 2025 dessinent des évolutions concrètes : la fibre ou le câble concerne une part importante des abonnements, les messageries sont souvent utilisées en parallèle et l’intelligence artificielle générative trouve sa place dans certaines tâches. Ces constats éclairent la transformation numérique des pratiques, mais ne décrivent pas à eux seuls l’ensemble de l’économie numérique. Pour comprendre les tendances du marché, il faut aussi distinguer les usages des ménages des investissements technologiques des entreprises, de l’emploi numérique ou de l’activité des prestataires. Les études sectorielles sont utiles lorsqu’elles précisent leur date, leur population et leur méthode : c’est à cette condition que les chiffres deviennent des repères, plutôt que des raccourcis.
En bref
- Le Baromètre du numérique, publié en février 2026, décrit les équipements et usages numériques en France à partir de résultats portant sur 2025.
- La fibre et le câble représentent 75 % des abonnements à internet rapportés par l’étude ; les connexions exclusivement mobiles se stabilisent à 7 % des personnes de 12 ans et plus.
- La messagerie instantanée est largement répandue, et l’usage de plusieurs services est courant parmi ses utilisateurs.
- L’IA générative est utilisée pour différentes tâches, mais la confiance, les habitudes et les compétences restent des freins déclarés.
- Ces données éclairent les usages numériques des ménages, sans mesurer à elles seules l’emploi, les ventes ou les investissements du secteur.
Marché du numérique en France : ce que mesure le Baromètre 2026
Le Baromètre du numérique est une étude annuelle réalisée par le CREDOC et pilotée par l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’Agence nationale de la cohésion des territoires. L’édition a été publiée le 9 février 2026 ; les résultats présentés ici portent sur les pratiques observées en 2025 en France. Les chiffres concernent des populations différentes selon les questions : personnes de 12 ans et plus, possesseurs de smartphones ou utilisateurs d’un service donné.
Cette distinction de périmètre compte. Par exemple, la part d’utilisateurs quotidiens d’une messagerie ne se rapporte pas à la même population que la part d’utilisateurs quotidiens d’IA générative. Le baromètre renseigne les usages et les perceptions ; il ne constitue pas une mesure exhaustive du chiffre d’affaires des entreprises, des investissements technologiques ou de l’emploi numérique.
| Indicateur | Résultat rapporté | Périmètre et source |
|---|---|---|
| Abonnements internet en fibre ou câble | 75 % | CREDOC, Baromètre du numérique 2026, résultats 2025, France ; abonnements internet. |
| Connexion à internet uniquement par le mobile | 7 % | CREDOC, Baromètre du numérique 2026, résultats 2025, France ; personnes de 12 ans et plus. |
| Utilisation de messageries instantanées | 86 % | CREDOC, Baromètre du numérique 2026, résultats 2025, France ; population interrogée. |
| Utilisation quotidienne de messageries instantanées | 64 % | CREDOC, Baromètre du numérique 2026, résultats 2025, France ; population interrogée. |
| Utilisation quotidienne de l’IA générative | Un tiers des utilisateurs | CREDOC, Baromètre du numérique 2026, résultats 2025, France ; utilisateurs d’IA générative. |
Ces indicateurs décrivent des comportements, pas une trajectoire unique du marché. Pour suivre les entreprises de services numériques et leur place dans l’écosystème, il faut les rapprocher d’autres sources, par exemple une liste des ESN implantées en France, sans confondre cet inventaire avec une mesure statistique de l’activité.
Connectivité et équipements : des usages qui évoluent avec les territoires
Selon le CREDOC, dans les résultats 2025 du Baromètre du numérique publiés le 9 février 2026 pour la France, la fibre ou le câble représente 75 % des abonnements internet. L’étude relève aussi une progression de la fibre dans les communes rurales et les communes de moins de 20 000 habitants : respectivement 8 et 6 points de plus en un an. Ces évolutions signalent une diffusion territoriale, mais ne signifient pas que les conditions d’accès ou la qualité de service sont identiques partout.
La connexion exclusivement mobile concerne 7 % des personnes de 12 ans et plus et se stabilise en 2025, selon le même baromètre. Parmi les possesseurs de smartphones en France, 61 % disposent d’un modèle compatible avec la 5G ; le CREDOC rapporte une hausse de 13 points en un an dans son édition 2026. La compatibilité d’un appareil ne renseigne toutefois pas, à elle seule, sur l’usage effectif du réseau 5G.
Réparer ou acheter reconditionné : prolonger la vie des appareils
Dans les résultats 2025 du Baromètre du numérique du CREDOC, publiés en février 2026 et couvrant la France, 20 % des personnes disposent d’un smartphone d’occasion ou reconditionné. Cette proportion est stable sur quatre ans selon l’étude, plus élevée chez les jeunes et les personnes à faibles revenus, mais présente aussi parmi les hauts revenus.
Le CREDOC rapporte également qu’en 2025, en France, 38 % de la population a fait réparer au moins un équipement numérique au cours des trois années précédentes. Parmi ces personnes ayant fait réparer un appareil, un tiers évoque une raison financière et un quart la volonté de limiter l’impact environnemental. Le baromètre indique que près des deux tiers connaissent le bonus réparation ; 9 % déclarent l’avoir utilisé et 54 % ne pas y avoir eu recours. Ces motifs montrent comment contraintes budgétaires et préoccupations environnementales peuvent converger autour d’un même choix : conserver plus longtemps un équipement.
Pour une petite entreprise qui renouvelle ses ordinateurs, la réparation peut ainsi faire partie d’une réflexion plus large sur le coût d’usage, la durée de vie et les besoins réels des équipes. Cette illustration ne constitue pas un résultat d’enquête : elle traduit simplement les arbitrages que les données sur les ménages invitent à examiner.
Messageries instantanées : des choix façonnés par les réseaux de contacts
Dans le Baromètre du numérique 2026, le CREDOC rapporte qu’en France, en 2025, 86 % de la population utilise des services de messagerie instantanée et 64 % les consulte quotidiennement. Ces deux indicateurs sont exprimés par rapport à la population interrogée ; le taux quotidien progresse de 2 points en un an selon l’étude. La fréquence d’utilisation souligne la place de ces services dans les échanges ordinaires, sans permettre à elle seule de mesurer le temps passé ou la nature des conversations.
Parmi les utilisateurs de messageries, WhatsApp, Messenger et Instagram figurent parmi les services les plus utilisés ; WhatsApp est cité par 87 % de ces utilisateurs. Le CREDOC observe également que 82 % des utilisateurs de messageries en France en 2025 en utilisent au moins deux, et que 43 % en utilisent quatre ou plus. Deux tiers expliquent leur choix par l’influence de leurs contacts. L’effet de réseau est donc un facteur important : les personnes s’équipent souvent des outils déjà utilisés par leur entourage.
La pluralité des services est perçue comme positive par 41 % des utilisateurs et comme neutre par 35 %, selon le même baromètre. Pour comprendre la place des plateformes dans cet environnement, ces résultats peuvent être rapprochés d’autres indicateurs d’audience, comme les données sur les utilisateurs de Facebook en France. Les méthodes et les périmètres doivent toutefois être vérifiés avant toute comparaison directe.
Intelligence artificielle générative : adoption et confiance avancent à des rythmes différents
Les résultats 2025 du Baromètre du numérique du CREDOC, publiés le 9 février 2026 pour la France, indiquent qu’un tiers des utilisateurs d’IA générative y recourt chaque jour. Parmi les utilisateurs âgés de 18 à 24 ans, la proportion approche 51 %. Près de deux tiers des utilisateurs déclarent s’en servir au moins une fois par semaine. Ces données portent sur les utilisateurs de ces services, et non sur l’ensemble de la population.
Le recours se concentre autour de quelques outils : 63 % des utilisateurs d’IA générative interrogés en France déclarent avoir principalement utilisé ChatGPT, tandis que 51 % utilisent au moins deux services de ce type. Le baromètre montre donc à la fois la prépondérance d’un acteur et une diversification des pratiques. Pour replacer ces observations dans un contexte plus large, les chiffres sur l’intelligence artificielle apportent des repères complémentaires, à condition de comparer des populations et des dates similaires.
Des tâches ciblées, mais une réserve sur la fiabilité des réponses
En France, dans les résultats 2025 du Baromètre du numérique du CREDOC, l’IA générative est préférée à d’autres outils pour la rédaction ou la traduction de textes par 49 % des utilisateurs, ainsi que pour la création de contenus, à 49 %, et l’aide à la programmation, à 48 %. Pour la recherche d’information, les moteurs de recherche restent davantage cités : 59 % contre 28 % pour l’IA générative. Les préférences varient donc selon la tâche, plutôt que de traduire un remplacement général des outils existants.
Parmi les utilisateurs français interrogés en 2025, le gain de temps est cité par 41 % et l’ergonomie par 33 % comme avantages de l’IA générative. Le principal frein déclaré est le manque de confiance dans l’usage des données ou dans les réponses produites, mentionné par 30 % ; viennent ensuite les habitudes, à 28 %, puis le manque de compétences, à 26 %. Enfin, 46 % des personnes interrogées estiment que l’IA générative a un impact environnemental supérieur à celui d’une recherche internet classique, selon le CREDOC. Cette perception renseigne sur les préoccupations du public, mais ne constitue pas une mesure comparative de l’empreinte carbone.
Pour les organisations, ces constats invitent à distinguer l’expérimentation individuelle d’une adoption encadrée. Les données du baromètre décrivent les pratiques de la population ; elles ne mesurent pas le taux d’équipement des entreprises ni les effets sur la productivité. Un état des lieux dédié à l’IA dans les entreprises répond à une autre question et doit être lu avec son propre périmètre.
Lire les études sectorielles sans confondre usages et marché
Les résultats du Baromètre éclairent des évolutions de la demande et des pratiques : connectivité, renouvellement des équipements, messageries et IA générative. Ils ne suffisent pas à mesurer l’ensemble du marché du numérique. Les données sur le chiffre d’affaires, les investissements technologiques, les recrutements ou les salaires relèvent d’autres sources et de méthodes différentes. Une étude sur les usages des ménages ne peut donc pas être utilisée seule pour conclure à une hausse ou à un recul de l’activité des entreprises.
Pour interpréter une publication, quelques vérifications évitent les comparaisons trompeuses :
- Identifier le producteur et la date : une donnée doit être rattachée à l’organisme qui l’a recueillie et à la période concernée.
- Vérifier la population étudiée : l’ensemble des personnes interrogées, les utilisateurs d’un service et les possesseurs d’un équipement sont des dénominateurs distincts.
- Comparer des indicateurs de même nature : une intention déclarée, un équipement compatible et un usage réel ne décrivent pas le même phénomène.
- Lire les évolutions avec prudence : une variation d’une année à l’autre n’est comparable que si les questions et la méthode sont restées suffisamment stables.
- Distinguer constat et projection : une prévision de marché dépend d’hypothèses et ne doit pas être présentée comme un résultat observé.
Cette méthode donne aux études sectorielles un rôle utile : elles rendent visibles les changements et leurs limites. Pour suivre l’innovation technologique, la transformation numérique ou l’économie numérique, le bon réflexe consiste à croiser les sources sans effacer leurs différences. Les usages décrivent ce que les personnes font ; les données d’entreprises éclairent les moyens engagés et les effets économiques.
Questions fréquentes sur les études du marché du numérique
Qui réalise le Baromètre du numérique publié en 2026 ?
L’étude annuelle est réalisée par le CREDOC et pilotée par l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’Agence nationale de la cohésion des territoires. L’édition a été publiée le 9 février 2026 et présente notamment des résultats portant sur les usages numériques en France en 2025.
Les chiffres du Baromètre décrivent-ils l’ensemble du marché du numérique ?
Non. Ils renseignent surtout les équipements, les usages et les perceptions de la population. Pour mesurer l’activité des entreprises, les investissements, l’emploi ou les salaires du secteur, il faut consulter des sources distinctes, avec leurs propres dates et périmètres.
Quelle part des utilisateurs recourt chaque jour à l’IA générative ?
Selon le CREDOC, dans les résultats 2025 du Baromètre du numérique publiés en février 2026 pour la France, un tiers des utilisateurs d’IA générative y recourt quotidiennement. Il s’agit de la part parmi les utilisateurs de ces services, et non parmi toute la population.
Pourquoi les taux d’utilisation des messageries ne sont-ils pas directement comparables aux taux d’usage de l’IA ?
Les dénominateurs diffèrent : les résultats sur les messageries portent sur la population ou sur leurs utilisateurs, tandis que certains indicateurs d’IA concernent uniquement les personnes utilisant déjà ces outils. La date, la formulation de la question et la population étudiée doivent être prises en compte.









